Bonsoir Monsieur,

 

Ariel WEIL a bien reçu vos messages et m’a chargé de vous répondre, en qualité d’adjoint à la voirie, aux mobilités et à la gestion des chantiers.

 

Je partage tout à fait votre constat sur les nombreuses incivilités et infractions de la part des usagers de l’espace public (quels qu’ils soient d’ailleurs) qui compliquent la cohabitation, avec toutefois une gravité particulière pour les infractions des véhicules motorisés au regard des accidents graves voire mortels qu’elles occasionnent (les chiffres de la mortalité routière en 2019 sortis récemment en donnent une tragique illustration).

 

Les conducteurs de vélos, trottinettes et autres engins personnels de déplacement ne sont pas non plus exemplaires, par exemple pour le respect des priorités sur les passages piétons, le stationnement sauvage sur le trottoir pour les trottinettes surtout et parfois la circulation sur les espaces réservés aux piétons, qui peuvent entrainer des accidents (rarement graves heureusement) et une sentiment d’inconfort qui ne va pas dans le sens de l’apaisement de l’espace public que nous appelons tous de nos vœux.

 

Je vous rejoins sur le constat que ces problèmes nécessitent deux types de solutions :

 

–        La répression des comportements irrespectueux, avec des verbalisations qui s’intensifient et qui sont nécessaires.

 

–        L’aménagement de l’espace public pour favoriser la cohabitation, notamment en séparant les flux de piétons des autres : on sait à ce titre que les pistes cyclables sur le trottoir ou l’absence d’aménagements cyclables sont de nature à « inciter » la circulation des vélos et trottinettes sur le trottoir, souvent par peur de ces usagers de se mélanger au flux de circulation motorisés.

 

Nous allons agir sur ces deux volets : la future police municipale permettra une montée en puissance des verbalisations sur le sites sensibles (associé à un « code de la rue » que la Ville de Paris va mettre en place pour rappeler les droits et devoir de chacun), et le développement des aménagements cyclables devrait inciter les usagers à emprunter la chaussée plutôt que le trottoir. Le développement du stationnement dédié aux vélos et aux trottinettes, sur la chaussée, va également dans le sens de réduire les conflits d’usage avec les piétons.

 

Ces sujets sont au cœur de notre projet pour Paris Centre, puisque l’ambitieuse piétonisation que nous souhaitons mettre en place ne pourra réussir qu’avec une cohabitation respectueuse de chacun. C’est dans cette optique que nous avons créé un comité des mobilités actives qui réunira des usagers piétons et cyclistes/trottinettes, ensemble, pour participer à la conception des futurs aménagements et anticiper ainsi les conflits d’usage en amont. Si vous souhaitez participer au tirage au sort qui permettra de constituer ce panel, vous pouvez candidater par mail à l’adresse indiquée dans l’affiche en PJ.

 

Par ailleurs, je vous propose de nous rencontrer prochainement (je suis plutôt disponible en octobre), car j’aimerais découvrir votre association et vos propositions.

 

Pour votre question sur Rivoli, je vous confirme que la rue de Rivoli reste accessible aux riverains. Vous pouvez donc l’emprunter si vous habitez le quartier. Nous sommes en train de mettre en place une carte de résident commune à tous les arrondissements de Paris Centre, qui correspondra au « pass » que vous évoquez, à destination des automobilistes résidents. Cette carte permettra de faciliter le contrôle dans les rues où l’accès sera réservés aux riverains, artisans, commerçants, livraisons etc., qui ont vocation à se multiplier dans Paris Centre pour apaiser la circulation dans nos petites rues qui subissent un trafic trop important aujourd’hui.

 

Bien cordialement,

 

 

 

Florent GIRY

 

Adjoint au maire de Paris Centre en charge de la voirie, des mobilités et de la gestion des travaux.

Le 31 juillet dernier madame M.A originaire du sud de la France, se promenait tranquillement accompagnée de ses proches, au pied de la Tour Eiffel. Soudain, déboulant sur le trottoir, une trottinette sur laquelle avaient pris place une femme (elle dit s’appeler Sarah Doufene) et sa fille, vint percuter violemment Mme A. dans le dos.

Après avoir attendu plus de ¾ d’heure la police, celle-ci est transportée aux urgences de l’Hôpital Pompidou où les chirurgiens décèlent trois fractures du bras droit, ce qui lui vaut aujourd’hui de porter une broche et 7 vis…sans compter l’état de sa jambe fortement commotionnée.

Sa belle-fille qui était présente a eu la bonne idée de photographier la personne responsable de l’accident (qui n’avait pas de papier sur elle), ainsi que la trottinette appartenant à l’opérateur LIME.

Plusieurs réflexions et enseignements sont à développer à la suite de cet accident dramatique, un de plus, pourrions-nous dire, qui va handicaper M.A au moins pendant un an, sinon définitivement.

Il faut donc rappeler ici que le code de la route interdit de :

  • circuler en trottinette sur les trottoirs,
  • monter à deux personnes sur ces engins.

Encore faut-il qu’il y ait une volonté politique de la part des municipalités – ici Paris – pour faire appliquer la loi.

M.A peut sans doute faire agir les assurances et poursuivre la personne qui l’a accidentée. Même si cette dernière a donné à la police une fausse identité, elle pourra être retrouvée par l’opérateur qui dispose de l’heure et du lieu de la location.

Nous constatons une fois de plus que c’est l’incivilité, c’est-à-dire la volonté imbécile de ne pas respecter la loi (ne pas s’arrêter aux feux tricolores, monter à deux sur une trottinette ou sur un vélo, rouler sur les trottoirs alors qu’il y a des pistes cyclables à profusion) qui conduit à ce type d’accident, qui parfois coûte la vie à une passante traversant tranquillement sur un passage piéton (boulevard Raspail, Brigitte 75 ans, le 21 janvier 2020).

Mais pour obliger les utilisateurs des E.D.P.M à respecter la loi, encore faut-il que les élus montrent la volonté de la faire respecter, dans les actes et non dans les discours. Et cela passe malheureusement par une politique répressive (amendes prévues dans le code) … Et bien oui ! Il est consternant de constater que les seules mesures qui font réfléchir les contrevenants, sont celles qui frappent au niveau du porte-monnaie.

Faute de quoi, il ne sert à rien de voter des lois qui ne sont jamais appliquées.

Alors, combien faudra-t-il encore de victimes innocentes, face à l’irresponsabilité des EDPM pour que les pouvoirs publics et les élus se décident enfin à faire appliquer les mesures de sécurité votées au Parlement et qui s’imposent de facto ?